Flore Prébay
 

Confidences pour Objectif FEMMES :

Si votre regard était une époque, laquelle serait-ce et pourquoi ?
Si mon regard était une époque, ce serait les années 70 avec une multitude de couleurs gaies, des architectures typiques, et intérieurs pop etc...

À quel moment la photographie vous a-t-elle choisie ? 
La photographie m’a choisie quand elle m’a permis d’exprimer et montrer ce que les mots ne pouvaient et ne suffisaient pas à dire.

Si vous deviez transmettre une seule image à la petite fille de 10 ans que vous étiez, que montrerait-elle ? Si je devais ne transmettre qu’une image à la petite fille de 10 ans que j’étais, ce serait celle-ci : on y voit un homme tout petit et seul, face à la mer, un mélange entre photographie et peinture. Devant cette immensité peut-être un peu effrayante au premier abord, mais si puissante qu’elle lui donne la force d’avancer. Peu importe ce que l’on traverse, c’est la manière dont on le transforme qui rend le monde beau. (voir image ci-dessous).

Quelle est votre motivation lorsque votre réveil sonne le matin ?
Ma motivation est d’apprendre, d’aimer la vie et de révéler, à travers l’esthétique, une réalité sociale intime et personnelle à la portée de tous et à la perception universelle.

Ma musique du moment :
"heureux" de Heroe.



"Onirique"

Réalisée en 2024, Onirique est une série fondatrice dans mon parcours artistique. Cette balade poétique entre photographie, peinture et sensation explore un espace liminaire où le réel se transforme en vision, où le mouvement, le flottement et la couleur viennent troubler notre perception. Conçue à une période de recherche et d’expérimentation, cette série marque l’émergence d’une démarche qui nourrit encore mon travail aujourd’hui.

Je capture chaque scène en pose longue, créant des silhouettes mouvantes et des présences suggérées, puis j’interviens manuellement à chaque étape du processus : les photographies sont imprimées, retravaillées à l’aquarelle, les fonds peints à la main, avant une ultime intervention numérique.

J’aime ces temps de création où l’image prend vie par strates successives. Les couleurs guident mon travail, s’ajoutent en couches et me permettent d’interpréter le réel pour donner naissance à un monde imaginaire. Entre photographie et peinture, les frontières deviennent floues ; parfois le regard hésite, perdu entre les deux médiums. C’est précisément dans cet entre-deux que se construit l’univers de Onirique.

À travers ces images étranges et colorées, j’interroge les multiples façons de percevoir un instant, tout en laissant émerger une émotion diffuse, une fragilité du visible d’où émane une certaine mélancolie.